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«Les Habits Noirs Tome III – La Rue De JГ©rusalem», Paul FГ©val

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Le Constitutionnel – 1867-68

E. Dentu – 1868

 

ENVOI À MADAME LA R. DE C…

 

C’est vous, madame, qui m’avez fait connaître cette vivante mine d’anecdotes où j’ai puisé les deux premières séries des Habits Noirs. C’est vous encore qui m’avez raconté l’étonnement des maçons démolisseurs quand ils découvrirent, dans l’épaisseur d’une paroi de la tour Tardieu, au coin de l’ancienne rue de Jérusalem, un trou de forme sinistre – le moule d’un homme.

 

J’ai essayé de ne rien inventer dans cette histoire dont notre vieil ami a rassemblé les éléments. Il eût été facile de lui donner l’unité dramatique, mais j’aurais renoncé à l’écrire, s’il m’avait fallu supprimer l’épisode du roi Habit-Noir et de sa Maintenon-à-barbe.

 

Veuillez accepter ce livre où vous trouverez tant d’emprunts faits à nos causeries, et croyez à mes respectueux sentiments d’affection.

 

P. F.

PremiГЁre partie Clampin dit Pistolet

I Meurtre d’un chat

C’était un palier d’aspect misérable, mais assez spacieux, éclairé d’en haut par un tout petit carreau dormant que la poussière rendait presque opaque. Trois portes délabrées donnaient sur ce palier où l’on arrivait par un escalier tournant, vissé à pic et dont l’arbre médial suait l’humidité. Les trois portes étaient disposées semi-circulairement.

 

À droite et à gauche de l’escalier étroit, il y avait en outre deux recoins, contenant quelques débris de bois de démolition, des mottes et des fagots.

 

Le jour allait baissant. On entendait aux étages inférieurs qui étaient au nombre de trois, y compris le rez-de-chaussée, des bruits confus, où dominaient les cliquetis de verres et d’assiettes. Une violente odeur de cabaret montait l’escalier en spirale et n’avait point d’issue.

 

Sur le carré de ce dernier étage tout était relativement silencieux. Par la porte de droite, sous laquelle il y avait une large fente, un murmure de discrète conversation sortait avec une bonne odeur de soupe fraîche. Derrière la porte du milieu, c’était un silence absolu. Ce qu’on entendait derrière la porte de gauche n’aurait point pu être défini, et même l’oreille la plus sûre aurait hésité sur la question de savoir si le martèlement périodique et sourd qui faisait vibrer la cage de l’escalier venait de là ou de plus loin.

 

Il semblait venir de là, mais c’était comme voilé et comme affaibli par une large distance. Néanmoins, à chaque coup, la cage de l’escalier subissait une profonde secousse.

 

Dans le recoin à main gauche de l’escalier, on ne voyait rien, sinon l’amas confus des pauvres combustibles, jetés là au hasard. Dans le recoin de gauche, un rayon pâle, pénétrant au travers des fagots, éclairait un superbe chat de gouttière, pelotonné, commodément occupé à se lisser le poil.

 

La première porte en montant à gauche portait le n° 7 et c’était sa seule enseigne.

 

La porte du milieu, outre son n° 8, avait une carte collée à l’aide de quatre pains à cacheter et sur laquelle était un nom, écrit à la plume: Paul Labre.

 

La troisième porte, celle d’où semblait venir le bruit périodique et inexplicable, était marquée du n° 9.

 

En bas, un coucou sonna cinq heures; il se fit un imperceptible mouvement dans le recoin de gauche; à droite, le chat dressa l’oreille dans son nid, derrière les fagots.

 

La conversation devint plus distincte à l’intérieur de la chambre n° 7 et le bruit des voix qui causaient se rapprocha.

 

La porte s’ouvrit, laissant échapper cette franche odeur de soupe dont nous avons déjà parlé. La chambre était grande et beaucoup plus vivement éclairée que le carré. On y voyait une table ronde avec sa nappe mise, et, au fond, une cheminée, entourée d’ustensiles de cuisine, pendus à la muraille. Un homme et une femme qui continuaient une conversation commencée se montrèrent sur le seuil.

 

La femme, qui n’était plus jeune, portait un costume d’ouvrière fort propre où se retrouvait je ne sais quel reflet d’habitudes et de goûts campagnards. Elle avait dû être très belle, et l’expression de son visage inspirait la confiance. Il y avait en elle de la gravité et de la bonté.

 


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